Affaire Servaty : toujours au point mort,Inculpé depuis 2005 pour le viol d’une mineure, le journaliste a encore obtenu un report de son dossier
Traîne, traîne donc l’affaire Philippe Servaty, du nom de ce journaliste belge âgé de 47 ans aujour- d’hui et qui a encore obtenu, la semaine dernière, la remise sine die de l’examen de son dossier par la chambre du conseil de la capitale.
En 2005, l’intéressé s’est vu décerner en Belgique huit chefs d’inculpation. Le plus grave de ceux-ci est relatif au viol d’une adolescente de 13 ans, présumé commis entre le 6 novembre 2001 et le 18 novembre 2001. Servaty conteste énergiquement ce crime. Comme il nie farouchement aussi avoir exploité la débauche de cette mineure, pendant la même période infractionnelle.
Selon le ministère public, il s’agit d’une prévention de proxénétisme. Par contre, le quadragénaire, licencié par son journal bruxellois en 2005, a consenti des aveux partiels concernant deux autres groupes de préventions relatives à la diffusion d’images de pornographie mettant en scène une quinzaine de jeunes femmes marocaines rencontrées en Afrique du Nord et pour des traitements inhumains et dégradants qu’il leur aurait infligés. Des faits qui se seraient étalés entre 2001 et 2005. Servaty conteste aussi la diffusion de telles images mais concernant la même mineure toujours. Le débat pourrait porter sur d’éventuels réflexes réactionnaires dans le chef du parquet de Bruxelles. Mais ce serait détourner l’essence de ce dossier criminel. Car si Servaty reconnaît avoir pris des clichés lors de relations consentantes avec des femmes majeures, il explique mal pourquoi il les a diffusées sur le Net et sans consentement des victimes, cette fois. Le scandale est tel qu’en 2005 les autorités marocaines ont placé en détention une vingtaine de jeunes femmes, y compris deux adolescentes qui étaient mineures à l’époque de la prise des clichés. Si elles ont recouvré la liberté, après 6 mois d’incarcération environ, c’est par l’intervention du roi Mohamed VI qui a ordonné la levée d’écrou pour chacune. Mais surtout, l’opinion publique marocaine n’a jamais compris pourquoi Servaty n’a jamais été emprisonné, ni au Maroc ni en BelgiqueJean-Pierre De Staercke © La Dernière Heure 2010 04-06-2010
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